
Extrait d'un concours BD réalisé début 2008, à l'occasion du salon du livre, sur le thème "La première fois " et publié, morceaux par morceaux, day by day, sur ce blog que c'est le mien.
OFF:
Voici la partie charnelle de mon thème et c'est Casanova qui s'y colle!
Ce personnage aux 122 conquêtes était un candidat de premier choix pour célébrer l'amour physique ( vignette 2 ) et cérébral ( vignette 1 ).
C'était sûr, les 2 images allaient fortement contrastées !
Dans le premier tableau, le futur séducteur n'est encore qu'un nourrisson dans les bras de sa nourrice. Un instant complice et maternel que je voulais intime et sobre. La jeune femme est de dos, loin des regards extérieurs, le sein à peine dévoilé, ce qui ne l'empêche pas d'être sensuelle.
L'enfant est la star du tableau. Trois sources lumineuses gravitent autour de lui.
D'autres éléments contribuent à le mettre en valeur:
- Soutenu par le rebord en bois, le décor ( qui reste neutre pour ne pas nous distraire ) encadre le sujet dans une forme qui se rapproche du losange, évocateur de la fragilité.
- La bougie va également jouer sa partition. Déjà parce qu'elle justifie l'éclairage très intimiste de cet instant volé. Ensuite parce que c'est un objet chargé de sens, évoquant l'instant présent, la vie et la sérénité, entre autres... Le lecteur,qui s'est d'abord fixé sur la femme et l'enfant, est ensuite attiré par la bougie et va naturellement l'associer aux 2 personnages qui s'en trouvent grandement enrichit, émotionnellement.
Concernant le 2 ème tableau, je le voulais, à l'instar du premier, débridé, érotique et sulfureux !
Pour "ordonner" ces 3 amants, aux corps enchevêtrés, je les ai inscrit dans une forme triangulaire, schéma géométrique qui suggère le mouvement, l'activité et l'élévation, que le rideaux et le chandelier s'évertuent à renforcer. En bas de l'image, les draps froissés reprennent la forme triangulaire afin d'insister sur les lignes directrices et sublimer l'étreinte.
La fenêtre blanche et lumineuse ( qui vient nous rappeler le premier tableau ) met le personnage de Casanova en évidence, concurrencé par la jolie blonde ( placée au sommet du triangle ) et qui lui aurait subtilisé le premier rôle sans ce petit détail.
Le teint mate de Casanova lui permet de se dénoter de ses deux partenaires, aux peaux claires et laiteuses.
L'oreiller qui "explose" symbolise l'orgasme de l'homme ( version plume et métaphore), mais aussi celui de la femme. En effet, placé au dessus de la bouche de la jeune rousse, comme un souffle de plaisir, la déflagration de plumes sous-entend le mouvement qui la cambre en arrière. ... Et la composition s'en trouve dynamisée... Enfin, je crois...
A suivre -Samedi 28février : Il était deux fois - part I
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