Je sais que je peux voler...

… Je suis à terre… Toujours à terre… Un rêve calé sur les épaules… Et j’ai beau me remuer dans tous les sens, je n’arrive pas à me relever… Même en soufflant tout l’air de mes poumons, rien à faire, mon menton amoché ne décolle pas du gravier … L’inspiration me manque. La flamme crépite à peine... Mais depuis combien de temps suis je là, ventre à terre, à gratter de mes paumes ce sol sans adhérence ? Je ne sais pas. Tout va si vite... Et loin du monde titubant, moi aussi je rampe, à l’écart de la foule, au milieu d’une brume sans nom, sur mon terrain lisse et laqué, en espérant buter sur une motte, un rebord, quelque chose d’où je pourrais me hisser et reprendre mes marques.
Ce n’est pourtant pas la première fois que je tombe. Peut être est-ce le poids de mon rêve qui aujourd’hui me pèse ? Depuis le temps que je le porte, il s'est bien engraissé le bougre... Ou peut être est ce moi qui suis devenu moins léger... Parfois, j’aimerais qu’il s’envole et se détache de moi… Qu’il me quitte un matin, sans rien dire, et que je redevienne, à nouveau, un homme sans rêve ni quête… Bien sûr, j'ai bien pensé le défaire mais cela m’est impossible...Je ne peux pas. Il est en moi... Et l'abandonner, ce serait me perdre définitivement.

Je n’ai donc plus qu’à continuer à tâtonner, à l’horizontal, encore et encore, en espérant tomber sur cette foutue motte d’où je pourrais me hisser…

Et puisque seul compte le chemin… C’est donc que je ne peux pas perdre... Seulement faillir, rebondir, en cultivant l’espoir... Cette petite motte sur mon terrain lisse et laqué…

…Bonnes fêtes à tous.






Toujours dans le cadre du Cinemaad, voici l'affiche de Birdy fusionnant avec celle de Superman !

Canon ma Canone

Panne de scan ! Imprimante K-prout !... Grrrrr, j'étais fed-up c'matin !!!!
Du coup, j'ai cassé l'cochon et j'me suis ach'té un 2 en un ! L'occase de tester la bête et v'là dans la foulée, un p'tit crayonné qui s'fait numériser !.. Aaaaah, du matos qui fonctionne ! Y'a pas à dire, ça requinque !



For Alamor

Dans le coin d’une place, au bas d’une crevasse,
moi tout petit bidasse, qu'avait finit ses classes,
j’étais bien à la masse, le manteau plein de crasse,
défait sur ma besace, imitation limace...

Tandis que je trépasse, les poumons pleins de glace
... Voilà que je rêvasse, Marie pleine de grâce…



C’était près d’un palace, un tout petit palace.
Oubliant la menace, j‘écoutais la Callas...
Et puis voilà qu’elle passe, à l'allure efficace,
penchée sur ma carcasse, du haut de ses échasses.

Un ange plein de race ! Je suis à la ramasse !

Sur le bord de ses cuisses, un parfum de réglisse
qui m’fait tourner l’iris sur son bel édifice.
Semant quelques indices pour faire son maléfice,
d’un sourire dentifrice, elle me fait son complice.

Les yeux pleins de délice, voilà que je me hisse,
amoureux d’une miss aux jolis cheveux lisses !


Actionnant mes hélices, j’ai rampé en coulisses
pour voir ma tentatrice, ma belle impératrice.

Dans un feu d’artifice, tout près d’une bâtisse,
de mon cœur en épice, elle s’est fait détentrice.


Comme elle était précoce et parlait de cosmos,
je me suis fait la brosse pour avoir l’air d’un boss.
Quand elle m’a dit bogosse, j’ai chialé comme un gosse.
J’imaginais la noce, ça m’a donné la bosse !..

Bombé comme un colosse qu’a sa côte à la hausse,
j’ai frappé au carrosse de ma bell’dame des causses.
Pénétrant dans sa fosse pourvu que je la chausse,
y’avait là comme un os et des notes un peu fausses.

J’étais pas l'roi d‘Écosse dans son palais d’Écosse !

Chez mon adoratrice, et c’était pas factice,
on était plus de dix avec des cicatrices
à faire des rimes en is pour notre séductrice!


Mais tout ce sang qui pisse, ça sent pas l’armistice !
Et tout ça pour un kiss, mon dieu quelle injustice !


Pour sortir de l’impasse, de son tableau de chasse,
fallait un mot de passe ou un tour de passe-passe...

Mais voilà qu’elle m’enlace pour pas que je me casse !
Et voilà qu’elle m’embrasse pour pas que je me lasse !


Sa beauté me terrasse, mettez vous à ma place.
Que veux tu que je fasse sinon suivre sa trace !


Le nez dans sa tignasse, j’ai lâché ma culasse,
brisé ma carapace, pour caresser sa face...


Oubliant mes angoisses, j’ai quitté la surface...
Ça y est, je pars hélas !.. Je m’en vais dans l’espace !


Et là, sous mes godasses, au bas d’une crevasse...

Y’avait sous les caillasses, moi tout petit bidasse
qu’était passé à l’as et qu’avait bu la tasse
quand un avion de chasse avait lâché son gaz !..

Putain c’est dégueulasse ! Ils m’ont défait la face !



... En ce jour de solstice, j’ai quitté la matrice
pour plus que je subisse, prés de ce précipice,
mon destin peu propice au sein de la milice.


Je suis le sacrifice des guerres dévastatrices
qui font de nos hospices des havres de supplices.


En suivant mon Alice au delà de l’abysse
j’ai jeté mon jadis vers des cieux plus propices.


Comme un bel albatros, je m’en vais de l’atroce.
Je pars avec ma grosse et je vous dit adi...




OFF:
Quand j'ai écrit ce poème, je dois dire que j'avais le coeur un peu cassé... Alors, plutôt que de mâcher ma plaie, j'ai mis mes maux dans des mots. C'est là tous les bienfaits de la création !.. L'art de sublimer ses émotions ! Et comme un amour qui s'éteint, c'est toujours une petite mort, j'ai très vite pensé à un soldat qui succomberait à l'amour... à la mort.
Il me fallait donc lier les deux. D'où l'invention de cette créature imaginaire qui arrive comme un coup de foudre !. Et à l'amour comme à la guerre, un coup de foudre reste toujours un choc !
Aveuglé par sa destinée, les univers s'inversent dans l'esprit du soldat trépassant.
La mort, qui surgit sous l'apparence d'une femme, devient pour lui réelle, presque palpable, tandis que la guerre n'est plus qu'un mauvais rêve dont elle va l'extirper. Elle est sa destinée et son destin, c'est de mourir.
La vie, l'amour et la mort sont comme l'eau, l'air et le feu. Ils sont incontestables. Ce qui l'est en revanche, c'est ce qu'on en fait. Et qu'on se le redise, l'horreur, c'est pas la mort, c'est la guerre.
Vous êtes maintenant prêts à relire For Alamor.